“Et la tendresse bordel !” Tel était le titre d’un film datant de 1979. Les années 60 et la libération sexuelle ont prôné le plaisir avant tout, et ont donc proposé un modèle sexuel où le corps a la prééminence, en minorant les autres dimensions affectives, psychologiques de la personne. Or, la tendresse permet justement de prendre en compte les autres dimensions de la personne, son rythme, son besoin de se sentir aimé pour elle-même et pas seulement comme objet permettant le plaisir de l’autre dans la relation sexuelle.

 

La tendresse est essentielle car elle permet aux deux personnes du couple de s’apprivoiser mutuellement, de créer le climat de confiance propice à une sexualité harmonieuse ensuite. La tendresse existe évidemment en dehors de la relation sexuelle ; mais dans le couple, elle fait partie intégrante, avec le dialogue, de la sexualité. La tendresse précède souvent l’acte sexuel, elle maintient l’excitation et l’harmonie pendant l’acte et elle vient clore ce moment de très forte intimité. 

 

Des couples racontent souvent qu’ils se sont rendus compte que la tendresse était cantonnée aux petits gestes d’affection du quotidien, mais que pendant l’acte sexuel, elle disparaissait pour faire place à une forme de voracité, de rapidité et de passion. Après avoir fait ce constat et en avoir parlé, ils ont réintroduit la tendresse dans la relation sexuelle et à la fois leur plaisir et leur bonheur ont grandi.

 

La tendresse, c’est la reconnaissance de l’unicité et de la beauté du corps de l’autre car les gestes de tendresse sont très intimes et manifestent une vraie connaissance mutuelle. La tendresse, c’est le contraire de l’agressivité : c’est montrer que faire l’amour, c’est autant donner que recevoir. Et il ne faudrait pas croire que seules les femmes en ont besoin ! Elles expriment ce besoin de tendresse plus souvent que les hommes, mais ces derniers se rendent compte parfois a posteriori à quel point la tendresse leur manque et leur fait du bien.

 

 

La tendresse qui s’oppose à la dureté de cœur est l’aptitude à être touché par autrui qui va laisser sa marque en nous. Dans une relation il y a échange, si peu que ce soit. Quelques richesses de l’un passent de l’un dans l’autre et réciproquement. Sans tendresse, rien ne passe.

 

Le Petit Prince de Saint Exupéry disait qu’on risque de pleurer quand on s’est laissé apprivoiser. C’est aussi pourquoi, par peur de souffrir, nous pouvons avoir la réaction de nous “blinder” face aux émotions et demandes d’autrui. Blinder, c’est occulter les ouvertures par lesquelles nous pouvons prendre des coups, mais c’est aussi s’empêcher de voir (blind veut dire aveugle en anglais). Or, comment comprendre le monde et autrui si l’on est aveugle ? Comment donc ne pas blesser autrui si on ne le perçoit qu’à travers une carapace ? Il existe une dimension de violence dans la sexualité animale et la tendresse humaine est là pour la contrôler.

 

Comment vivre la tendresse ? Elle doit être d’abord charnelle. Tout geste de tendresse (baisers, caresses, enlacements, prises de mains…) crée dans notre cerveau un afflux d’un neurotransmetteur pacifiant : l’ocytocine. Celle-ci, non seulement accroît la confiance entre les conjoints, mais elle accélère aussi le circuit de l’hormone du désir. Les sexologues la nomment hormone de la fidélité.

Elle passe ensuite par les mots ; mots doux, mots tendres, mots d’estime, mots de pardon. Elle ne remplace cependant pas le désir sexuel dans un couple. Quand un homme ou une femme en bonne santé ne reçoit pas de signes de désir sexuel sauf incident passager (deuil, maladie…), il risque fort de développer une irritation latente qui contribuera à dégrader l’atmosphère.

 

 

La tendresse, étant toute douceur, est l’inverse de la dureté. 

Or, chacun sait combien il est difficile d’attendrir un cœur endurci… N’attendez donc pas pour déborder de tendresse : celle-ci doit être présente dès la naissance de l’amour. Un acte d’amour dénué de tendresse risque de se rapprocher d’un coït animal sans beaucoup de poésie.

 

 Tendresse et chasteté sont de proches cousines, car fondées sur le respect de l’autre et la douceur. A notre époque, où l’on encourage la satisfaction sexuelle immédiate, il est bon de redécouvrir la fécondité du désir et la joie de l’attente en manifestant à l’autre son amour par des gestes tendres qui ne conduiront pas forcément à l’acte sexuel. La tendresse permet aux époux de se mieux connaître et de nourrir leur amour.

 

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